Le Tour de France 2011 (version française)

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A bicycle in the Musée du quai Branly, Paris. Photo © 2010 Alan Miller.

Un vélo au Musée du quai Branly, Paris. Photo © 2010 Alan Miller.

Alfred Hitchcock serait un bon metteur en scène pour cette épreuve.

-Pedro Delgado, vainqueur du 1988 Tour de France, sur le Tour 2011.

Franchement, l’aspect le plus effrayant de mon boulot est de faire le vélo sur le Great Ocean Road, où j’habite, entre noël et le fin de l’année…J’ai fait le vélo dans tous les continents du monde, sauf l’antarctique, et c’est incroyable. Les automobilistes aux États-Unis et en Australie ont du caractère.

-Cadel Evans, 2008

 [Pour lire la version anglaise, cliquez ici]

Le Tour de France, comme un voyage à la lune ou une mission de la navette spatiale, est une espèce d’art performatif. Le parcours est dessinée, mais un scénario imprévisible se déroule toujours sur les routes de France. La plupart des Tours de France depuis j’ai commencé à faire attention en 1989 étaient dominés par les grands champions comme Miguel Indurain (cinq maillots jaunes) et Lance Armstrong (sept), avec les brefs interrègnes. Le Tour de 2011, possiblement le meilleur, est peut-être le Tour qui rompra cette modèle de “star-système.” C’est le premier Tour vraiment post-Armstrong, post-Armstrongiste.

Grace peut-être au dessin supérieur des routes français, le parcours du Tour n’est pas le plus difficile des trois grands tours (de la France, l’Italie et l’Espagne). Si le Giro d’Italia, incroyablement dur dans les années recentes (deux ascensions de Mt. Etna dans une journée!?) est une sorte de free jazz, le Tour de France est peut-être un big band de Glenn Miller: structuré, populaire, avec ses conventions familières et ses variations subtils entre les éditions qui se produit des énormes différences de scénario. Le parcours et les ambitions des 198 coureurs créent des histoires grands, petits et insolites, surtout cette année.

D’abord, le dopage. Il faut parler de dopage pas à détruire notre plaisir mais parce que c’est évident que le dopage, pendant ces derniers années, a influencé le Tour et notre perceptions du Tour. Le Tour 2011 se déroulait pendant l’enquête de la Food and drug administration sur le dopage prétendu d’Armstrong et l’équipe US Postal Service. La vérité finit toujours par éclater, mais pour les fans du Tour les sept éditions Armstrongoises et les suivants semblaient actuellement une déformation du Tour. Par rapport à la suspense de cette année, la dominance du Lance était ennuyeuse. Pour moi, les détails de ses exploits se mêlent. Ils semblaient un couronnement perpétuel synchronisé avec la musique banal des sports télévises. Où ou contre qui Lance a attaqué est sans importance — Morzine, Sestriere, Alpe d’Huez, Mont Ventoux, n’importe où — tous se perdent leur particularités. Sous les roules d’Armstrong ses cols légendaires devient rien que asphalte. L’époque d’Armstrong était caractérisée par ses accélérations violents, assez soutenu à ouvrir des intervalles énormes entre lui et ses concurrents. Selon le résultat du grand jury, c’était peut-être une escroquerie. Sa domination compulsive semblaient naturelle et j’admets qu’il me plaisait. Nous attendions s’attaque comme un caméraman de CNN devant la ville de Bagdad.

Le Tour de 2011 a montré tous ce que ces autres manquions — les courses. Une course est une lutte, pas un couronnement. Cette année, notre bidon s’est débordée avec les héros et leurs drames:

  • La perte de temps d’Alberto Contador (maillot jaune 2007, 2009, 2010) pendant la première étape,
  • Le prochain jour quand Cadel Evans a battu Contador au sommet du Mur de Bretagne par dix centimètres,
  • Un très beau parcours,
  • Trop des chutes, quelquefois graves, pendant les premières deux semaines,
  • Le 16ieme, 17ieme, 18ieme, 19ieme et 20ieme victoires d’étape de Mark Cavendish, sprinter de l’époque,
  • Les quatre victoires d’étape des coureurs norvégiens et rien pour les français jusqu’à la victoire du Pierre Roland au sommet de l’Alpe d’Huez, deux jours avant Paris,
  • Le vendéen Thomas Voeckler, habillé en jaune pour dix jours contre ses propres prévisions de défaillance totale,
  • Les Schlecks, Andy et Frank, premières frères au podium, qui ont attaqué toujours aux montagnes,
  • Et surtout Cadel Evans, première vainqueur australien et le plus âgé depuis 1923.
Henri Pelissier, the 1923 winner, fixing a tire.

Henri Pelissier, maillot jaune de 1923, se répare son pneu.

Les Schlecks et Voeckler auraient aussi mérité le maillot jaune, mais Cadel Evans est le vainqueur idéal de ce Tour de France des héros vulnérables. Evans est un athlète du modèle de Andre Agassi ou le Boston Red Sox (avant 2004). C’est a dire que ses triomphes se passent seulement après tant de malchance, des défaillances imprévisibles et, bien sûr, beaucoup des deuxièmes places. Les épreuves et réussites de sa carrière sont trop longue à raconter ici, mais c’est évident que le “Red Soxièn” Cadel Evans est le contraire d’Armstrong le “NYankee.” Aux montagnes, Evans s’accélère moins vite que les meilleures grimpeurs. Cadel (pourquoi semble-t-il normal à appeler certains champions par leurs prénoms?) a réagi à tous les accélérations des Schlecks ou Contador, et il y avait beaucoup, avec une poursuite, brève ou longue, dans son style puissant mais laborieux. Cadel ne danse pas sur ses pédales; il les punit. Ce contraste entre les styles de Cadel et ses grands concurrents créait la suspense hitchcockiènne de ce Tour.

Le moment décisif de ce Tour était sans doute la dix-huitième étape entre Pinerolo et le 2600m sommet du Col du Galibier (monté deux fois en 2011 pour célébrer le centième anniversaire du Tour aux Alpes). Andy Schleck a attaqué très tôt, sur le Col d’Izoard, et Evans était pris par dépourvu. L’avance du Schleck s’a croisé à plus de quatre minutes. Les  insomniaques Australiens s’est criés à leur télévisions, mais Cadel Evans ne poursuivait pas le Schleck volant, il attendait. Enfin, sur le Galibier, Cadel a lancé sa poursuite sans l’aide de ses concurrents. Il n’a pas attrapé Schleck qui, au contraire aux champions “invincibles” des dernières années, s’affaiblissait vers le sommet. Evans a limité sa perte, seulement 1:12, dans une manière intelligente et confiante. Cet épisode est intéressant parce qu’il appuie l’argument que le Tour devient “clean” après les années horribles du dopage. C’est impossible à vérifier, bien sûr, mais la manque des “superhéros” est une indication encourageante. De toute façon, Le Tour 2011 nous enseigne que les superhéros sont moins intéressant que les êtres humains.

Enfin, Cadel. Les Australiens aiment les victoires et “notre” Cadel est le héros du jour. Pour le cyclisme Australien, c’est un moment de promesse et d’instabilité. Si l’art est long, le sport est éphémère à moins qu’on y participe. C’était Cadel qui a fait le 3430.5 kilomètres, pas nous ses fans. Le moment de triomphe nationale se passe vite (et d’autant plus vite pendant le massacre du “Advance Australia Fair” aux Champs-Elyssés). Pour les cyclistes australiens, la victoire de Cadel peut avoir des conséquences durables. Mike Rubbo de situp-cycle.com a écrit que l’Australie est “actuellement premier du monde en vélo-sport et dernière, ou presque dernière, en vélo-transport.” À mon avis, ce n’est pas un accident que l’Europe est le mieux pour les deux. Nous sommes tous cyclistes: le triomphe de Cadel s’inspirera les nouveaux cyclistes et c’est un bonne chose. Je le sais bien parce que c’était l’incroyable Tour du 1989 (désormais le mieux Tour après 2011) qui m’a inspiré à faire le vélo. Les différences entre les espèces de cyclistes sont intéressants mais pas importants. Cadel ne s’entraîne pas sur un parcours privé, il suive les mêmes routes que nous.

Enfin, nous sommes tous fous du vélo!

Pour célébrer le centième Tour en 2013, le bruit court que les organisateurs considèrent quelques changes au Tour. Dans cet esprit, voici quelques idées, sérieux et improbable, Glenn Miller et Ornette Coleman, pour cette grande anniversaire:

  • The Tour de France finishes in this French village. Photo © 2010 Alan Miller.
    The Tour de France s’achève dans cette village française. Photo © 2010 Alan Miller.

    Visitez seulement les villes d’étapes inédites,

  • Incluez les chemins de terre comme ceux-ci en Bretagne,
  • Plus des courts, durs étapes montagneuses comme celle d’Alpe d’Huez cette année,
  • Un contre-la-montre individuel énorme comme jadis (en 1947 il y avait un CLM de 139km!),
  • Plus des équipes, moins des coureurs par équipe,
  • Dernière étape à Paris sur les Vélibs,
  • Dérailleurs interdits et
  • Assurez un vainqueur français enfin! (il y avait 26 ans, tout la vie d’Andy Schleck!)
Alan Miller

About Alan Miller

Alan Miller is a graduate of the Sydney University Faculty of Architecture and the Tisch School of the Arts at New York University. A fanatical cyclist, he is a former Sydney Singlespeed Champion. He reports on cycling, film, architecture, politics, photography and various mixtures of the above.

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