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Le tour de Guimardia (version française)

Métro Porte Dauphine (1900). Photo © 2012 Alan Miller.

À ses devantures les pulls en cachemire aux couleurs des macarons. Derrière leurs digicodes ses hameaux reposants. Dans ses urnes les trois-quarts des votes pour Sarkozy. Cachés dans leurs Maseratis ses enfants habillés en noir. Le seizième arrondissement de Paris est en effet une péninsule entre le bois de Boulogne (qui lui appartient) et la Seine. Une frontière invisible le cerne, une petite résistance entre l’arrondissement et sa ville. On peut y retrouver les bâtiments de Perret, de Sauvage et (bientôt) de Gehry mais le seizième est le lieu de notre planète avec la plus grande concentration des bâtiments de Hector Guimard (1867-1942). Le seizième est à Guimard ce que Oak Park est à Frank Lloyd Wright, mais on peut y voir les bâtiments de toutes les périodes de sa carrière, de 1891 à 1927. Parmi ces bâtiments il y a bien des autres qui soutient la proposition, discutable j’espère, que le seizième soit l’arrondissement le plus intéressant sur le plan architectural. Après sa annexion à Paris en 1860, l’urbanisation arrivait au seizième pendant les années de Hector Guimard, une époque de plusieurs modernismes. À Paris un nouveau éclectisme architectural a commencé à résister l’Haussmannization épuisée. L’Art nouveau ne peut pas décrire l’ensemble de l’architecture de ces années, ou même l’architecture de Guimard lui-même, qui changeait au fil du temps. Puisque sa architecture n’était pas influente par rapport aux modernismes des années suivantes, l’oeuvre de Guimard vive trop souvent aux musées plutôt que dans les rues. Bien qu’il était une impasse dans l’histoire de l’architecture, qui ne veut pas habiter une telle ruelle.

Faut-il reconquérir la Seine?

La Seine. Photo © 2012 Alan Miller.

La ville mondiale est un oxymoron. Personne n’y habite. Une grande ville est, parmi autre choses, une usine qui fabrique les polémiques locales et la façon dont ces disputes se déroulent est aussi révélatrice des différences entre les villes que les matériaux de leurs trottoirs. Ces arguments sont une histoire vivante. Quoiqu’ils peuvent sembler sans importance par rapport aux crises mondiales sans fin, il vaut la peine de les faire attention. La controverse à Paris autour de la réaménagement des voies sur berges de la Seine peut sembler indulgente si on ne souvient pas l’adage, pas tout à fait à la mode, de penser global agir local. Ces polémiques locales ont beaucoup à nous apprendre mais leur plus grand valeur est comme un bastion contre l’imprécision des discussions incessantes des questions mondiales. Le désir de virer vers l’animal, le végétale et le minérale plutôt que la virtuelle est quelquefois irrésistible et probablement bon pour la santé aussi. Le seul moyen d’échapper ou de se cacher du règne des chiffres est peut-être, comme Laurel et Hardy cherchent l’air frais du mer en Saps at Sea (1940), de retrouver les lieux familiers ou la conversation est intéressante.